Bonjour,

Jeudi soir, sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, au Texas, Tesla a enfin présenté le nouveau Roadster. La voiture a remonté une rampe à l’envers en se plaquant par aspiration, puis s’est soulevée au-dessus d’un Cybercab, d’un Cybertruck, d’un Semi, d’un Model Y et d’un Model 3 grâce à des propulseurs à gaz froid, avant de se reposer sur la piste. Vendredi, l’action a ouvert en hausse, puis a terminé à 354,72 $, en baisse de 2,13 %. Sur cinq séances, elle a perdu 7,14 %. Et depuis vendredi soir, on me pose la même question : comment une démonstration pareille peut-elle faire baisser le titre ?

Ce n’est pas la bonne question. Le Roadster n’a jamais été dans le prix de Tesla, il ne pouvait donc pas le faire monter durablement. À 1 400 milliards de dollars de capitalisation, ce que tu paies, c’est le robotaxi, le robot Optimus, l’IA, et depuis quelques jours une possible fusion avec SpaceX. Et tu le paies dans un marché où le taux à 10 ans américain a touché 5,3 % mercredi.

Prends dix minutes. Tu sauras ce que le Roadster change vraiment pour Tesla (presque rien dans les comptes), pourquoi les taux pèsent plus sur cette action que sur la plupart des grandes valeurs, ce que la piste SpaceX implique pour un actionnaire, et quoi regarder mercredi 21 octobre au soir, quand Tesla publiera ses résultats.

L’essentiel en 5 points

Le spectacle a eu lieu, pas le rallye. Le titre a pris jusqu’à 2,2 % vendredi matin, puis a clôturé à 354,72 $ (−2,13 %), dans un Nasdaq en baisse de 2,15 %. Sur cinq séances : −7,14 %. Depuis le 1er janvier : plus de 20 % de baisse.

Le Roadster ne pèse presque rien dans les comptes. Production prévue en 2028, prix final inconnu, et environ 2 000 exemplaires par an selon Morningstar, soit à peu près 0,1 % des voitures vendues par Tesla. Elon Musk lui-même ne pense pas qu’il fera bouger le chiffre d’affaires.

Les taux ont fait plus de mal que le Roadster n’a fait de bien. Inflation américaine au-dessus des attentes, taux à 10 ans à 5,3 % en séance, hausse de la Fed de plus en plus anticipée pour décembre. Une action valorisée sur des profits lointains est la première à en souffrir.

Le vrai rendez-vous, c’est mercredi, et peut-être SpaceX. Résultats du troisième trimestre le 21 octobre après la clôture, puis assemblée générale au plus tard le 6 décembre, avant laquelle Barclays juge possible l’annonce d’un rapprochement avec SpaceX.

Depuis la France, Tesla s’achète sur un compte-titres, pas en PEA. PFU de 31,4 % sur la plus-value, pas de dividende, risque de change euro-dollar. Si tu as un ETF S&P 500 ou Nasdaq 100, tu en détiens déjà. Le premier test daté, c’est le 21 octobre.

1. Ce qui s’est passé, en chiffres

Commençons par la semaine de l’action. Elle n’a pas décroché vendredi : elle glissait déjà depuis le début de la semaine.

Séance

Cours

Contexte

Vendredi 9 octobre

382,01 $

Clôture, point de départ des cinq séances

Mercredi 14 octobre

367,16 $ (−2,15 %)

Inflation américaine plus forte que prévu, note de Barclays sur SpaceX

Jeudi 15 octobre

362,44 $ (−1,3 %)

Le show a lieu le soir même, à 19 h 55 heure du Texas

Vendredi 16, plus haut

370,50 $ (+2,2 %)

L’effet démo, en début de séance

Vendredi 16, plus bas

349,33 $ (−3,6 %)

Le Nasdaq décroche

Vendredi 16, clôture

354,72 $ (−2,13 %)

Environ 62 millions de titres échangés

Sur cinq séances

−7,14 %

Soit 27,29 $ par action

Le volume dit beaucoup : environ 62 millions d’actions ont changé de mains vendredi, deux tiers de plus que la moyenne des trois derniers mois. Ce n’est pas un désintérêt, c’est une sortie. Et la photo de plus long terme n’est pas meilleure : le titre a touché 498,83 $ au plus haut sur un an, il en est à environ −29 %.

Côté produit, voici ce que Tesla a montré jeudi, face à ce qu’elle promettait en 2017.

Roadster

Promesse 2017

Annonce 2026

Présentation

Novembre 2017

15 octobre 2026

Arrivée prévue

2020

Production en 2028

Places

4

2 (1 pour la Rocket)

Autonomie

1 000 km

Plus de 480 km

0 à 97 km/h (60 mph)

1,9 seconde

Moins d’une seconde (Thrust)

Acompte

50 000 $ (250 000 $ en Founders Series)

50 000 $ (Performance), 250 000 $ (Thrust)

Prix

200 000 $ annoncés pour la base

Non communiqué

Trois versions sont prévues. La Performance, « prête pour la route », avec aérodynamique active et système d’aspiration. La Thrust, « prête pour la piste », qui ajoute des propulseurs à gaz froid à l’arrière. Et la Rocket, monoplace sur invitation à dix propulseurs alimentés par environ 600 litres d’air comprimé, non homologuée pour la route de l’aveu même de Tesla. Vitesse de pointe annoncée : plus de 370 km/h.

Regarde la colonne de droite avec un œil d’investisseur : la voiture arrive huit ans après la date promise, avec deux fois moins de places, deux fois moins d’autonomie, et toujours sans prix. Pendant la démo, personne n’était au volant : un mannequin en combinaison SpaceX était à bord, la voiture roulant en autonome pour des raisons de sécurité. Quant au « vol », il s’agit de sauts brefs, pas d’un vol soutenu, et Tesla n’a pas dit combien de temps ni sur quelle distance la voiture peut rester en l’air.

2. Pourquoi le marché a vendu la nouvelle

Le premier mécanisme est un classique : on achète la rumeur, on vend la nouvelle. Elon Musk avait présenté le show comme un candidat au titre de « plus grande démo produit de tous les temps ». Ceux qui avaient acheté pour l’événement ont encaissé dès qu’il a eu lieu, d’autant que la démo avait déjà été repoussée de deux semaines à cause du vent.

Le deuxième est arithmétique. Morningstar table sur environ 2 000 Roadster par an. Tesla a vendu environ 1,6 million de voitures l’an dernier : le Roadster représenterait donc à peu près 0,1 % de ses volumes. Même en imaginant 250 000 $ de prix moyen, 2 000 voitures font 500 millions de dollars de chiffre d’affaires par an, de l’ordre de 0,5 % d’un chiffre d’affaires annuel qui tourne autour de 100 milliards. Et pas avant 2028.

Le troisième, c’est que personne ne prétend le contraire. Elon Musk a dit jeudi qu’il n’était « pas sûr que ça fasse bouger massivement l’aiguille » du chiffre d’affaires, comme il le disait déjà en 2023. Dan Ives, l’un des analystes les plus optimistes sur Tesla, juge que la voiture ne fera bouger ni les volumes ni le chiffre d’affaires. Gene Munster parle d’une « démonstration de force d’ingénierie ».

Pendant ce temps, le cœur de Tesla reste le même : sur les 486 532 voitures livrées au troisième trimestre, 478 237 étaient des Model 3 et des Model Y, soit plus de 98 %. Ces deux modèles financent tout le reste. Le Roadster, lui, finance surtout l’image.

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Une voiture qui fait le tour des réseaux sociaux ne fait pas forcément le tour du compte de résultat. Le marché a applaudi l’ingénierie, puis il a regardé les volumes.

3. Le facteur que le show a masqué : les taux

La vraie mauvaise nouvelle de la semaine est tombée mercredi, pas jeudi soir. L’inflation américaine de septembre est ressortie à 3,7 % sur un an, au-dessus des 3,6 % attendus. Le taux à 10 ans américain a grimpé jusqu’à 5,3 % en séance, tout près de ses plus hauts depuis 2002, et les marchés anticipent désormais majoritairement une hausse des taux de la Fed en décembre. Le Nasdaq a enchaîné avec sa pire semaine depuis fin juin.

Pourquoi Tesla souffre plus que les autres ? Parce que sa valeur repose sur des profits lointains. Une action vaut la somme de ses profits futurs ramenés à aujourd’hui, et ce « ramener à aujourd’hui » dépend des taux. Prends 100 $ de profit attendus dans deux ans : à 5 %, ils valent 90,70 $ aujourd’hui, à 6 %, 89,00 $. Moins 2 %. Les mêmes 100 $ attendus dans dix ans valent 61,39 $ à 5 % et 55,84 $ à 6 %. Moins 9 %.

Il y a quatre semaines, on parlait d’obligations souveraines : plus une obligation est longue, plus son prix baisse quand les taux montent. Une action dont l’essentiel de la valeur se situe après 2030 se comporte comme une obligation très longue. Avec le robotaxi et Optimus dans le prix, Tesla est l’une des plus « longues » des grandes valeurs américaines.

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Le Roadster ne change pas les bénéfices de Tesla. Les taux changent le prix que le marché accepte de payer pour ces bénéfices. C’est ça, la semaine.

4. Le vrai débat : le multiple

Pour comprendre ce que tu achètes, il faut regarder le prix payé pour chaque dollar de bénéfice.

Capitalisation au 16 octobre

≈ 1 400 Md$

PER sur les douze derniers mois

≈ 330

Bénéfice net implicite sur douze mois

≈ 4,2 Md$

PER sur les bénéfices attendus

160 à 190 selon les sources

Bénéfice nécessaire pour un PER de 25

≈ 56 Md$

Écart à combler

≈ 13 fois les profits actuels

Le calcul est simple. Avec 1 400 milliards de capitalisation et un PER d’environ 330 sur les douze derniers mois, Tesla a dégagé de l’ordre de 4,2 milliards de dollars de bénéfice net sur la période. Pour que ce prix corresponde un jour à 25 fois les bénéfices, le multiple d’une grande valeur technologique mature, il faudrait environ 56 milliards de bénéfice annuel. Treize fois plus qu’aujourd’hui.

Ce n’est pas impossible, c’est exactement le pari que font les acheteurs : robotaxi, Optimus, logiciel de conduite autonome. Mais ce pari ne se joue pas sur le Roadster, et il se joue sur longtemps. Cette semaine, aucune prévision de bénéfice n’a bougé de façon notable, et le cours a perdu 7 %. La différence, c’est le multiple. Quand les taux montent, le marché paie moins cher chaque dollar de profit futur, et c’est Tesla qui a le plus de profits futurs à réévaluer.

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À 330 fois ses bénéfices passés, acheter Tesla, ce n’est pas acheter des profits, c’est acheter un calendrier. Et ce calendrier dépend des taux.

5. Ce que personne ne dit assez fort : le Roadster est aussi une démo SpaceX

Regarde le décor : un site d’essais SpaceX, des propulseurs issus de SpaceX, un mannequin en combinaison SpaceX. Musk a présenté la voiture comme le fruit du travail commun des ingénieurs de Tesla et de SpaceX. Il y a deux semaines, on regardait Musk revenir au Pentagone. Cette semaine, SpaceX s’invite dans une Tesla.

Le timing compte. Mercredi, l’analyste de Barclays Dan Levy a estimé qu’un rapprochement entre Tesla et SpaceX pourrait être annoncé avant l’assemblée générale de Tesla, qui doit se tenir au plus tard le 6 décembre. Le schéma qu’il imagine : un échange d’actions, où les actionnaires Tesla recevraient des titres SpaceX. Il s’appuie seulement sur des déclarations publiques : aucune banque mandatée, aucun comité, aucune discussion confirmée, et aucune des deux sociétés n’a rien annoncé. Sur les marchés de prédiction, la probabilité d’un rapprochement a pourtant presque doublé le lendemain du show, autour de 56 % selon The Motley Fool.

Les tailles en jeu : SpaceX, cotée depuis le 12 juin après la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire (75 milliards de dollars levés), et qui a absorbé xAI en février, valait environ 2 070 milliards de dollars mercredi, contre environ 1 450 milliards pour Tesla. Dans un tel montage, Tesla serait la plus petite des deux.

Pour un actionnaire Tesla, la variable qui compte devient la parité d’échange. Combien d’actions SpaceX pour une action Tesla ? Cette parité serait négociée par deux conseils d’administration où Elon Musk pèse lourd des deux côtés, ce qui pose une question de conflit d’intérêts que ces conseils devront traiter. Selon la parité, l’opération peut être une bonne affaire ou une dilution. Et ce que tu détiendrais ne serait plus un constructeur automobile qui fait de l’IA, mais un conglomérat de fusées, de satellites, d’IA et de voitures.

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Acheter Tesla aujourd’hui, c’est peut-être aussi acheter, sans le savoir, une option sur une parité d’échange que tu ne contrôles pas.

6. Ce que disent les analystes, et où ils divergent

Selon MarketBeat, au 16 octobre, 46 analystes suivent Tesla : 24 recommandent d’acheter (dont un « achat fort »), 17 de conserver, 5 de vendre. Le consensus ressort à « conserver », avec un objectif moyen de 412,33 $, environ 16 % au-dessus du cours de vendredi.

Établissement

Avis

Objectif

Tigress Financial (8 octobre)

Achat

550 $

JPMorgan

Neutre

415 $

Jefferies (12 octobre)

Conserver

400 $ (contre 350 $)

HSBC (5 octobre)

Alléger

157 $

Moyenne de 46 analystes (MarketBeat)

Conserver

412,33 $

L’écart est vertigineux : de 157 $ chez HSBC à 840 $ pour l’objectif le plus élevé recensé. Quand les professionnels se dispersent à ce point, le désaccord ne porte pas sur les voitures, mais sur la valeur à donner au robotaxi, à Optimus et à l’IA. Le 5 octobre, Goldman Sachs est d’ailleurs passé à l’achat le jour même où HSBC confirmait son avis négatif.

Autre point : l’objectif moyen tourne autour de 400 $ depuis des mois (403,86 $ chez TipRanks en mai, 412,33 $ aujourd’hui chez MarketBeat, sur des panels différents). Les objectifs n’ont pas suivi la baisse du cours : soit les analystes voient une décote, soit ils n’ont pas encore ajusté. Mercredi tranchera en partie.

7. Mercredi 21 octobre : ce qui compte vraiment

Tesla publie ses résultats du troisième trimestre mercredi 21 octobre après la clôture de Wall Street, avec une conférence à 14 h 30 heure de Californie, soit 23 h 30 à Paris. Voici le point de départ.

Livraisons au T3 2026

486 532

Livraisons attendues par le consensus

461 974

Livraisons au T3 2025

497 099 (−2,1 % sur un an)

Stockage d’énergie déployé

13,7 GWh (15,9 GWh attendus)

Chiffre d’affaires attendu au T3

≈ 27,6 Md$ (28,1 Md$ un an plus tôt)

Bénéfice par action attendu

≈ 0,26 $

Flux de trésorerie disponible au T2

−1,09 Md$

Investissements prévus en 2026

Plus de 25 Md$

Les livraisons ont battu les attentes de plus de 5 %, mais elles restent en baisse sur un an, et le stockage d’énergie, qui portait la croissance, est ressorti sous le consensus. Selon S&P Global Market Intelligence, chiffre d’affaires et bénéfices sont attendus en léger recul malgré les livraisons. Au deuxième trimestre, le bénéfice par action ajusté était sorti à 0,33 $, loin des 0,54 $ attendus.

Quatre choses à regarder mercredi soir. La marge automobile, pour savoir si les prix tiennent. Le flux de trésorerie, négatif au deuxième trimestre, alors que les investissements dépassent 25 milliards cette année. Le calendrier du robotaxi et d’Optimus : le Cybercab est entré en production au Texas et une ligne Optimus s’installe à Fremont, il faut maintenant des volumes et des revenus. Et ce que Musk dira, ou ne dira pas, de SpaceX.

8. Les risques que le spectacle fait oublier

Le risque de taux. Si l’inflation américaine reste élevée et que la Fed remonte ses taux en décembre, les actions valorisées sur le long terme restent sous pression, quels que soient les produits présentés.

Le risque de calendrier. Le Roadster annoncé pour 2020 arrive en 2028. Le robotaxi, Optimus et la conduite autonome sans surveillance obéissent à la même règle : une date annoncée n’est pas une date tenue, et le multiple paie ces dates d’avance.

Le risque de gouvernance. Un rapprochement avec SpaceX se ferait à une parité fixée par des conseils où Elon Musk est très présent des deux côtés. Pour l’actionnaire minoritaire, c’est une variable impossible à modéliser aujourd’hui.

Le risque de trésorerie. Avec plus de 25 milliards de dollars d’investissements cette année et un flux de trésorerie négatif au deuxième trimestre, Tesla consomme du cash pour financer ses paris. C’est normal en phase d’investissement, à condition que les paris paient.

Le risque réglementaire. Personne ne sait quel régulateur encadrera une voiture qui saute : la FAA estime que ce n’est pas un aéronef, et l’agence américaine de sécurité routière dit qu’elle « continuera de surveiller ». La même incertitude pèse, à bien plus grande échelle, sur le robotaxi.

9. Comment y accéder depuis la France

Pas de PEA. Tesla est une société américaine, donc inéligible au PEA. L’achat en direct passe par un compte-titres ordinaire.

La fiscalité. Sur un compte-titres, la plus-value est taxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026), sauf option pour le barème progressif si elle t’est plus favorable.

Pas de dividende. Tesla n’en verse pas. Ton rendement dépend uniquement de l’évolution du cours, et il n’y a pas de retenue à la source américaine à gérer.

Le change. L’action cote en dollars. Si l’euro monte face au dollar pendant que tu détiens la ligne, ta performance en euros sera inférieure à celle affichée en dollars, et inversement.

Tu en as sûrement déjà. Tesla fait partie des plus grosses capitalisations du S&P 500 et du Nasdaq 100. Si tu as un ETF sur l’un de ces indices, ou un ETF monde, y compris dans ton PEA via un ETF à réplication synthétique, tu es déjà exposé, sans concentrer ton risque.

10. Comment dimensionner une ligne comme celle-là

Écris ta thèse en une phrase. Si elle contient le mot « Roadster », recommence. Une thèse Tesla tient en général sur le robotaxi, Optimus ou l’énergie, avec un horizon de plusieurs années.

Choisis un montant que tu acceptes de voir fondre de moitié. Sur les douze derniers mois, l’écart entre le plus haut (498,83 $) et le plus bas (297,38 $) dépasse 40 %. Sur Tesla, ce n’est pas un scénario extrême, c’est une année normale.

Étale ton entrée. Par exemple en trois fois : après les résultats du 21 octobre, après l’assemblée générale de début décembre, puis début 2027. Tu lisses ton prix et tu laisses les faits arriver avant ton argent.

Fixe une limite de poids. Beaucoup d’investisseurs plafonnent une action individuelle à 5 % de leur portefeuille. Sur une valeur aussi volatile, c’est un maximum, pas un objectif.

Date ton premier test. Mercredi 21 octobre : marges, trésorerie, calendrier du robotaxi. Si les réponses ne collent pas à ta thèse, tu n’as pas à « attendre que ça remonte ».

11. Les cinq erreurs que je vois le plus

Acheter un produit au lieu d’une entreprise. Une démo spectaculaire ne dit rien des marges, de la trésorerie ou du multiple. Le Roadster est un excellent contenu, pas un moteur de résultats.

Acheter le jour de l’événement. Quand tout le monde attend une annonce, elle est déjà dans le prix. Vendredi en est l’illustration parfaite : hausse à l’ouverture, baisse à la clôture.

Ignorer les taux. Sur une valeur de long terme, un point de taux en plus pèse davantage qu’une bonne nouvelle produit. Regarde le taux à 10 ans américain avant de regarder la vidéo.

Jouer une fusion qui n’existe pas. Aucun projet n’est annoncé. Acheter Tesla pour « toucher » une opération avec SpaceX, c’est parier sur une décision, un calendrier et une parité que personne ne connaît.

Doubler sa ligne sans le savoir. Ligne directe, plus ETF Nasdaq, plus ETF S&P 500 : ton exposition réelle à Tesla est souvent plus grande que tu ne le crois. Additionne avant d’acheter.

12. Foire aux questions

Le Roadster vole vraiment ?

Il effectue des sauts brefs grâce à des propulseurs à gaz froid alimentés par de l’air comprimé, mais ce n’est pas un vol soutenu. Tesla n’a pas dit combien de temps ni sur quelle distance la voiture peut rester en l’air. La FAA, le régulateur aérien américain, estime qu’elle ne répond pas à la définition d’un aéronef. Et la version Rocket, celle qui « vole », n’est pas homologuée pour la route.

Pourquoi l’action baisse alors que la démo a marché ?

Parce que la démo était attendue, donc déjà dans le prix, et que le Roadster ne pèse presque rien dans les comptes. Surtout, la semaine a été dominée par les taux : inflation au-dessus des attentes, 10 ans américain à 5,3 % en séance, Nasdaq en baisse de 2,15 % vendredi. Valorisée sur des profits lointains, Tesla y est particulièrement sensible.

Une fusion Tesla-SpaceX, ça changerait quoi pour moi ?

Pour l’instant, rien : aucune des deux sociétés n’a annoncé quoi que ce soit. Si l’opération se faisait en actions, comme l’imagine Barclays, tes actions Tesla seraient échangées contre des actions SpaceX selon une parité à définir. Le traitement fiscal en France dépendrait de la structure de l’opération. On en reparlera si elle se concrétise.

Je peux mettre Tesla dans mon PEA ?

Non, c’est une société américaine. En direct, il faut un compte-titres. Dans un PEA, tu peux en revanche détenir un ETF à réplication synthétique sur le S&P 500 ou le Nasdaq 100, qui contient Tesla parmi beaucoup d’autres valeurs.

Faut-il attendre les résultats du 21 octobre pour acheter ?

Je ne fais pas de prévision de cours. Ce que je peux dire, c’est que mercredi apportera de l’information réelle (marges, trésorerie, calendrier), alors que jeudi dernier n’a apporté que du spectacle. Si tu veux une ligne, étaler ton entrée de part et d’autre de cette date évite de tout miser sur un seul soir.

En résumé

Le Roadster a réussi son show, et l’action a quand même perdu 7,14 % en cinq séances. Ce n’est pas une contradiction : la voiture pèse environ 0,1 % des volumes, arrive en 2028 et n’a pas de prix, alors que la semaine a été dominée par une inflation américaine plus forte que prévu et un taux à 10 ans à 5,3 %.

Tesla se paie environ 330 fois ses bénéfices des douze derniers mois. À ce niveau, tu n’achètes pas des voitures, tu achètes un calendrier : robotaxi, Optimus, et désormais une possible fusion avec SpaceX dont la parité t’échappe. Ce calendrier est sensible aux taux, et aux promesses tenues ou non.

Si tu veux une ligne, écris ta thèse, étale ton entrée à partir de mercredi 21 octobre et plafonne son poids. Sinon, ton ETF S&P 500 ou monde fait déjà le travail : Tesla y est, avec le reste du marché autour pour amortir.

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À très vite,

Nicolas

Ces informations sont données à titre pédagogique et ne constituent ni une recommandation d’achat ou de vente, ni un conseil en investissement personnalisé. Les chiffres cités proviennent des publications de la société, de données de marché (Google Finance, MarketBeat) et d’articles de presse (Fortune, TechCrunch, The Motley Fool, Investing.com, 24/7 Wall St.) au 18 octobre 2026, et sont susceptibles d’évoluer. Investir en actions comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tesla cotant en dollars, un investissement en direct expose aussi au risque de change.