Bonjour,
Vendredi, le Brent a terminé à 116,72 $ le baril, son plus haut depuis le 29 avril, après plus de 6 % de hausse sur la semaine. Le même jour, TotalEnergies a pris 4,34 % à 83,45 €, son plus haut sur un an, alors que le CAC 40 perdait 2,19 % sur la semaine. Depuis, on me pose la même question : est-il trop tard pour acheter TotalEnergies, ou le pétrole va-t-il encore monter ?
Ce n’est pas la bonne question. Personne ne sait si les États-Unis frapperont de nouveau l’Iran après leurs élections de mi-mandat, ni où viseront les Houthis la semaine prochaine. Mais le marché a déjà donné son avis sur la durée du choc : livrable en décembre 2027, le même baril de Brent cotait vendredi 86,74 $, trente dollars de moins que le contrat de décembre. Acheter TotalEnergies aujourd’hui, ce n’est pas parier sur un pétrole cher. C’est parier qu’il restera cher plus longtemps que ce que le marché anticipe.
Prends dix minutes. Tu sauras ce qui a fait flamber le baril cette semaine, pourquoi l’action n’a pas suivi le pétrole (+50 % contre +92 % depuis janvier), ce que la courbe des prix à terme dit du scénario déjà payé, quel risque bien français ne figure dans aucun modèle, et quoi regarder jeudi 29 octobre, quand TotalEnergies publiera ses résultats le jour même de la réunion de la BCE.
L’essentiel en 5 points
Le baril a presque doublé depuis janvier. 60,75 $ le 31 décembre, 116,72 $ vendredi. Cette semaine : attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, menaces de Donald Trump contre l’Iran, blocus des ports iraniens présenté comme durable.
Le marché ne croit pas au pétrole cher durable. Vendredi, le contrat de décembre 2026 a gagné 3,1 %, celui de décembre 2027 seulement 0,2 %, à 86,74 $. La hausse est concentrée sur les tout prochains mois.
TotalEnergies a pris 50 %, pas 92 %. À 83,45 €, l’action vaut environ 7,8 fois les bénéfices attendus pour 2026, et les analystes prévoient déjà un bénéfice en baisse de 9 % en 2027. Le cours paie un pétrole qui redescend.
La variable que personne ne modélise : l’État français. OAT à 5 %, budget 2027 en discussion : une contribution exceptionnelle sur les pétroliers revient sur la table. Elle ne figure dans aucun objectif de cours.
Depuis la France, TotalEnergies se loge dans un PEA. Acompte de 0,90 € par trimestre, environ 8,7 % du CAC 40 : avec un ETF CAC 40, tu en as déjà. Un ETC pétrole, lui, ne va que sur un compte-titres, en dollars. Premier test daté : jeudi 29 octobre.
1. Ce qui s’est passé, en chiffres
Mardi et mercredi, le contrat de décembre est resté stable autour de 108,80 $. Jeudi, Saudi Aramco a évacué son siège de Dhahran après une alerte, l’Iran a affirmé avoir frappé quatre navires marchands dans le Golfe et Donald Trump a menacé d’aller « un peu plus loin ». Vendredi, le marché a retenu les attaques revendiquées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, dont le port de Yanbu, la phrase de Donald Trump sur la possibilité de « prendre tout le pétrole de l’Iran », et une nappe d’environ 160 km² au large des Émirats.
Séance | Brent, contrat de décembre | Contexte |
|---|---|---|
Mardi 20 octobre | 108,79 $ | Point de départ, marché calme |
Mercredi 21 octobre | 108,82 $ | Statu quo |
Jeudi 22 octobre | 113,17 $ (+4 %) | Aramco évacue son siège, l’Iran revendique des frappes sur des navires |
Vendredi 23 octobre | 116,72 $ (+3,1 %) | Frappes des Houthis sur Yanbu, menaces de Washington, nappe au large des Émirats |
Brent depuis le 1er janvier | ≈ +92 % (60,75 $ → 116,72 $) |
WTI américain, vendredi | 103,27 $ (+3,8 %) |
Brent converti en euros | ≈ 104 € (1 € = 1,12 $) |
TotalEnergies, vendredi | 83,45 € (+4,34 %) |
TotalEnergies depuis le 1er janvier | +50,1 % |
CAC 40 sur la semaine | −2,19 % (7 782,82 points) |
OAT à 10 ans, vendredi | 5,03 % (168 pb au-dessus du Bund) |
Gazole en France, moyenne d’octobre | 2,367 € le litre |
Il y a cinq semaines, on parlait ici d’obligations souveraines : l’OAT à 10 ans était à 4,55 % et l’écart avec l’Allemagne à 105 points. Cette semaine, elle a dépassé 5 %, au-dessus du taux américain, et l’écart a franchi 175 points, un plus haut depuis 2011. Le pétrole y contribue : l’inflation de la zone euro est remontée à 3,8 % en septembre (estimation rapide), dont +18,8 % sur l’énergie. Vendredi soir, Moody’s n’a finalement rien annoncé sur la note de la France : Aa3, perspective négative, sursis.
2. Pourquoi le baril a flambé cette semaine
Il y a la géopolitique, évidemment. Selon le New York Times, Washington et Israël préparent de nouvelles frappes sur l’Iran après les élections de mi-mandat américaines, début novembre. L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a expliqué au Financial Times que la marine peut maintenir le blocus des ports iraniens « dans un avenir prévisible ». Pour un marché habitué à un baril autour de 100 $ depuis septembre, c’est la perspective d’un conflit qui dure.
Mais il y a aussi de la mécanique pure. Selon Bloomberg, repris par Rigzone, les opérateurs refusaient de rester vendeurs avant un week-end où tout peut arriver, et les teneurs de marché sur les options ont dû racheter des contrats pour se couvrir, ce qui a amplifié la hausse. Pour Rebecca Babin, chez CIBC Private Wealth, la peur d’une escalade pendant le week-end a mis de l’huile sur le feu.
Et il y a un paradoxe. D’après la même source, les flux de brut par Ormuz sont revenus près de leur niveau d’avant-guerre, alors que l’EIA décrivait encore début octobre un transit étranglé : les sources divergent. Ce qui reste rare, ce sont surtout les produits raffinés, le gazole en tête, et le fret. Ryan McKay, chez TD Securities, y voit le vrai moteur du moment, et juge le risque orienté à la hausse à court terme, tant que les élections américaines et israéliennes ne sont pas passées.
Une semaine de hausse du pétrole raconte surtout la peur du week-end. La durée du choc, elle, se lit ailleurs : sur les contrats livrables dans un an.
3. Le facteur que les analyses ne traitent pas : la courbe à terme
Le prix du pétrole que tu vois partout, c’est celui du contrat qui arrive à échéance le plus tôt. Mais on peut aussi acheter aujourd’hui un baril livrable dans un an ou deux, à un prix fixé dès maintenant. Mis bout à bout, ces prix forment la courbe à terme. Et vendredi soir, elle racontait une histoire très différente des gros titres.
Échéance du contrat Brent | Prix vendredi | Écart avec décembre 2026 |
|---|---|---|
Décembre 2026 | 116,72 $ | Référence |
Janvier 2027 | 111,70 $ | −5,02 $ |
Juin 2027 | 96,11 $ | −20,61 $ |
Décembre 2027 | 86,74 $ | −29,98 $ |
Décembre 2028 | ≈ 78,79 $ (dernier échange le 21 octobre) | ≈ −38 $ |
Regarde la semaine sous cet angle. Entre mardi et vendredi, le contrat de décembre 2026 est passé de 108,79 $ à 116,72 $, soit +7,3 %. Sur la même période, celui de décembre 2027 est passé de 86,58 $ à 86,74 $. Seize centimes. Toute la panique s’est concentrée sur les deux prochains mois. L’agence américaine de l’énergie (EIA) ne dit pas autre chose : environ 105 $ en moyenne au quatrième trimestre, puis autour de 84 $ en 2027.
Ça change tout pour toi, parce que les deux façons classiques de « jouer » le pétrole dépendent de cette courbe, pas du prix du jour. Un ETC pétrole ne détient pas de barils mais des contrats qu’il renouvelle chaque mois : en gros, il gagne si le pétrole des prochains mois reste au-dessus de la courbe, et perd s’il tombe en dessous. Une compagnie pétrolière, elle, vaut ses profits sur vingt ans. Un trimestre à 116 $ pèse peu face à vingt ans de baril à 70 ou 80 $.
Le marché achète de la peur à trois mois, pas du pétrole cher à trois ans. C’est cette deuxième partie de la courbe qui fixe la valeur de TotalEnergies.
4. Le vrai débat : le multiple
Commençons par l’entreprise, sans le cours. Au deuxième trimestre, avec un Brent moyen de 103,8 $, TotalEnergies a dégagé 6,0 milliards de dollars de résultat net ajusté et 9,8 milliards de marge brute d’autofinancement, avec un taux d’endettement ramené à 13,1 %. Au troisième trimestre, le Brent moyen est retombé à 97,0 $, mais la marge de raffinage européenne a été multipliée par 2,5 (33,2 $ par baril contre 13,5 $) : le groupe a qualifié ses résultats aval d’« exceptionnels » le 15 octobre.
Le groupe publie sa propre sensibilité : 10 $ de plus ou de moins sur le prix de ses liquides, c’est environ 2,3 milliards de dollars de résultat opérationnel net ajusté et 2,8 milliards de cash-flow par an, calculés pour un environnement à 60 ou 70 $. En ordre de grandeur, et avec prudence puisque ce calcul est fait pour des prix bien plus bas, l’écart de 30 $ entre le baril de décembre et celui de décembre 2027 représente donc quelque chose comme 7 milliards de dollars de résultat annuel. C’est précisément ce que le marché refuse de capitaliser.
Cours au 23 octobre | 83,45 € |
Capitalisation | ≈ 185 Md€ |
Bénéfice par action attendu en 2026 | 10,68 € |
Bénéfice par action attendu en 2027 | 9,75 € (−9 %) |
PER 2026 / PER 2027 | ≈ 7,8 / ≈ 8,6 |
Acompte trimestriel sur dividende | 0,90 € (+5,9 %), soit ≈ 4,3 % par an au cours actuel |
Rachats d’actions | jusqu’à 1,5 Md$ par trimestre |
Voilà pourquoi l’action a pris 50 % quand le baril a presque doublé. Une partie de l’écart vient de l’entreprise : le conflit lui a coûté environ 8 % de sa production au deuxième trimestre, et elle plafonne ses prix à la pompe en France (1,99 € le litre pour l’essence, 2,25 € pour le gazole). L’essentiel vient du prix que le marché accepte de payer. Entre une action à 8 fois ses bénéfices et une action à 15 fois, la différence, c’est le multiple. Ici, il dit que les investisseurs traitent les bénéfices de 2026 comme exceptionnels, pas permanents. C’est le piège des valeurs cycliques : elles paraissent les moins chères quand leurs profits sont au plus haut.
5. Ce que personne ne dit assez fort : l’État est un actionnaire caché
Je n’ai vu aucun objectif de cours intégrer la fiscalité française. C’est compréhensible : TotalEnergies réalise l’essentiel de ses profits pétroliers dans les pays producteurs. Mais l’État emprunte désormais à plus de 5 %, le budget 2027 est en discussion, et les bénéfices des pétroliers sont redevenus un sujet politique.
Les propositions s’empilent. Le 30 septembre, les écologistes ont mis dans leur contre-budget une taxe de 33 % sur le surcroît de chiffre d’affaires réalisé en 2026 et 2027 par rapport à 2025, pour environ 2,8 milliards d’euros. Au printemps, les socialistes proposaient une taxe de 20 à 40 % sur les bénéfices dépassant de 20 % la moyenne des trois années précédentes, pour environ 2 milliards. En avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu disait ne pas exclure le principe, et la porte-parole du gouvernement que l’exécutif « ne s’interdit rien ».
Remets ces chiffres à l’échelle. La contribution de 2023, au même taux de 33 %, n’avait rapporté que 68,5 millions d’euros, la base française étant étroite. TotalEnergies rappelle de son côté un taux d’imposition moyen de 43 % dans le monde depuis 2022. Même à 2 ou 3 milliards pour tout le secteur, ces projets pèsent peu face à 185 milliards d’euros de capitalisation. Ce n’est donc pas le montant qui compte, c’est le signal : plafonnement des prix prolongé, pression sur le raffinage en France, et une décote politique qui s’ajoute à la décote cyclique.
Quand l’État emprunte à 5 %, chaque bénéfice exceptionnel devient une recette potentielle. Ce risque ne figure dans aucun objectif de cours, il faut donc le mettre toi-même dans ta marge de sécurité.
6. Ce que disent les analystes, et où ils divergent
Le consensus est positif, sans annoncer de miracle. Selon Boursorama au 13 octobre, sur 24 analystes, 14 sont à l’achat ou au renforcement, 8 à conserver et 2 à l’allègement, avec un objectif médian de 89,40 €, en hausse de 8 % en un mois. Idéal Investisseur, sur 14 avis, retient une médiane de 88 €, entre 73,82 € et 106,70 €.
Établissement (date) | Avis | Objectif |
|---|---|---|
CIC Market Solutions (20 octobre) | Achat | 106,70 € |
Intesa Sanpaolo (20 octobre) | Achat | 90,70 € |
Jefferies (19 octobre) | Achat | 90,00 € |
BofA Securities (16 octobre) | Achat | 89,00 € |
Médiane de 24 analystes (Boursorama, 13 octobre) | 14 achat ou renforcer, 8 conserver, 2 alléger | 89,40 € |
Objectif le plus bas relevé (Idéal Investisseur) | Prudent | 73,82 € |
La divergence est là : une médiane de 88 à 89 €, c’est 5 à 7 % au-dessus du cours de vendredi, peu pour une action qui vient de prendre 50 %. Les optimistes misent sur le cash rendu aux actionnaires et sur le gaz naturel liquéfié, dont le prix a encore monté au troisième trimestre. Les prudents regardent la courbe à terme et le bénéfice 2027, déjà en recul. Les deux décomptes ne portent pas sur le même nombre d’analystes : prends-les comme une tendance.
7. Jeudi 29 octobre : double rendez-vous
TotalEnergies publie ses résultats du troisième trimestre jeudi matin, avant l’ouverture, le jour même de la réunion de la BCE. Début octobre, les marchés estimaient à environ 13 % la probabilité d’une hausse dès jeudi, et à plus de 75 % celle d’au moins une hausse d’ici au 17 décembre. Le contrat Brent de décembre expire le lendemain, et les élections américaines ont lieu le mardi 3 novembre.
Résultats du T3 de TotalEnergies | jeudi 29 octobre, avant l’ouverture |
Brent moyen du T3 (T2) | 97,0 $ (103,8 $) |
Marge de raffinage européenne au T3 (T2) | 33,2 $ par baril (13,5 $) |
Pertes de production liées au conflit, prévues au T3 | 5 à 10 % de la production |
Réunion de la BCE | jeudi 29 octobre, taux de dépôt à 2,50 % |
Prochain détachement de dividende | 31 décembre (deuxième acompte 2026) |
Trois choses à lire dans le communiqué : les rachats prévus au quatrième trimestre, qui disent quel cash le groupe juge durable, le commentaire sur la production au Moyen-Orient, et tout mot sur le plafonnement des prix ou une contribution exceptionnelle.
8. Les risques que la flambée fait oublier
La paix, ou simplement une détente. Le 8 avril, l’annonce d’un cessez-le-feu avait fait perdre plus de 13 % au Brent en une séance. Le 17 avril, quand l’Iran a déclaré le détroit ouvert, il a encore perdu 9 %. Entre mi-mai et fin juin, l’action TotalEnergies est passée d’environ 79,60 € à 65,90 €, soit −17 %, pendant que le baril retombait sous 75 $.
La demande et les taux. Un pétrole cher finit par se consommer moins : l’EIA a déjà abaissé de 160 000 barils par jour sa prévision de demande pour 2026. Et il nourrit l’inflation, donc des taux plus hauts, mauvais pour toutes les actions.
La politique française. Taxe exceptionnelle, plafonnement prolongé, pression sur le raffinage : le risque est moins financier que symbolique, mais il pèse sur le multiple.
La production. Une partie des barils du groupe dépend du Moyen-Orient. Une nouvelle escalade peut faire monter le prix et baisser les volumes en même temps.
Le dollar. TotalEnergies cote en euros mais gagne en dollars. Un dollar qui baisse rogne la valeur en euros de ses profits, même à baril constant.
9. Comment y accéder depuis la France
En direct, TotalEnergies est éligible au PEA, c’est une société française. Dans le PEA, dividendes et plus-values restent à l’abri de l’impôt tant que tu ne retires rien ; après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent. Sur un compte-titres, c’est le PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026), sur les dividendes comme sur les plus-values. Pas de retenue étrangère, la société est française.
Tu en as sans doute déjà. Mi-septembre, TotalEnergies pesait environ 8,7 % du CAC 40, à égalité avec Schneider Electric pour la première place. Avec un ETF CAC 40, près de 9 % de ton placement est donc déjà dans TotalEnergies. Dans un ETF monde, c’est l’inverse : tout le secteur de l’énergie ne pèse que 4,03 % du MSCI World au 30 septembre.
Par un ETF sectoriel. Des ETF sur l’énergie européenne diluent le risque propre à TotalEnergies, mais restent liés au même cycle. Vérifie leur éligibilité au PEA dans le document d’information clé.
Par un ETC sur le pétrole. C’est la seule façon de suivre le baril lui-même, mais uniquement sur un compte-titres, en dollars, et avec l’effet de renouvellement des contrats vu plus haut. Un outil de trader, pas une ligne de fond.
10. Comment dimensionner une ligne comme celle-là
Écris ta thèse en une phrase. « J’achète TotalEnergies pour un rendement d’environ 4 %, même avec un Brent à 80 $ » et « Je pense que le baril restera au-dessus de 90 $ en 2027 » ne sont pas le même pari, et le second va contre ce que dit le marché.
Choisis un montant que tu peux voir baisser d’un tiers sans paniquer. Cette année, l’action a déjà perdu 17 % en six semaines quand le pétrole a reflué. Une désescalade franche pourrait faire plus.
Étale ton entrée. Un tiers autour des résultats du 29 octobre, un tiers après les élections américaines du 3 novembre, un tiers après les résultats annuels du 10 février. Rien ne t’oblige à tout acheter un vendredi de panique.
Plafonne le poids. Additionne ce que tu détiens déjà via un ETF CAC 40 ou Europe. Au-delà de 5 % du portefeuille en direct sur une seule valeur cyclique, tu ne diversifies plus, tu paries.
Fixe un test daté. Par exemple : si le Brent de décembre 2027 retombe sous 80 $ ou si une contribution exceptionnelle visant le secteur est votée, je relis ma thèse. Si le dividende et les rachats tiennent au 10 février, je la garde.
11. Les cinq erreurs que je vois le plus
Confondre le prix du jour et le prix qui compte. 116 $, c’est le baril de décembre. Pour valoriser une compagnie pétrolière, c’est la courbe des années suivantes qui compte, et elle est trente dollars plus bas dès 2027.
Acheter un ETC pétrole comme une action. Compte-titres, dollar, renouvellement des contrats, volatilité extrême : ce n’est pas un placement à garder dix ans sans y penser.
Oublier qu’on en a déjà. Un ETF CAC 40 contient environ 9 % de TotalEnergies. Ajouter des titres en direct, c’est souvent doubler une position sans s’en rendre compte.
Prendre un PER bas pour une affaire. Sur des bénéfices de pointe, un multiple de 8 peut être cher. C’est la durée des profits qui compte, pas leur niveau d’un trimestre.
Acheter la peur du vendredi. Les hausses de veille de week-end, amplifiées par les couvertures d’options, se défont aussi vite qu’elles se forment.
12. Foire aux questions
Le pétrole va-t-il encore monter ?
Je ne fais pas de prévision de prix. Le marché, lui, anticipe une baisse : environ 87 $ pour décembre 2027 et 79 $ pour décembre 2028, contre 116,72 $ pour décembre 2026, et l’EIA prévoit autour de 84 $ en 2027. Parier sur la hausse, c’est parier contre ce consensus.
Pourquoi TotalEnergies monte moins que le pétrole ?
Parce que sa valeur dépend de ses profits sur des années, pas d’un trimestre. Le marché lui applique environ 7,8 fois les bénéfices 2026 parce qu’il juge ces bénéfices exceptionnels. S’y ajoutent des pertes de production au Moyen-Orient et le plafonnement des prix à la pompe en France.
Je peux mettre TotalEnergies dans mon PEA ?
Oui, c’est une société française, éligible au PEA. Les dividendes y sont réinvestis sans impôt immédiat, et après cinq ans seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent au retrait. Sur un compte-titres, compte 31,4 % de PFU.
La taxe sur les superprofits peut-elle faire chuter l’action ?
Rien n’est voté, ce sont des propositions. En montant, elles pèsent peu face à 185 milliards d’euros de capitalisation, et celle de 2023 n’avait rapporté que 68,5 millions. Le vrai risque, c’est le signal politique et un plafonnement des prix qui dure.
Les prix à la pompe vont-ils encore grimper ?
Le gazole est déjà à 2,367 € le litre en moyenne en octobre, et ce sont les produits raffinés, plus que le brut, qui sont tendus. Le prix à la pompe suit le pétrole avec retard et redescend plus lentement qu’il ne monte. Les stations TotalEnergies restent plafonnées à 1,99 € pour l’essence et 2,25 € pour le gazole.
En résumé
Le baril a fini la semaine à 116,72 $, porté par les Houthis, les menaces de Washington et la peur du week-end. Mais la courbe à terme dit autre chose : 86,74 $ pour décembre 2027, un prix qui n’a presque pas bougé. Le marché paie un choc, pas un nouveau monde.
TotalEnergies a pris 50 % depuis janvier, et reste à moins de 8 fois ses bénéfices 2026. Ce n’est pas une anomalie, c’est le prix d’un pétrole qui redescend, d’une production exposée au Moyen-Orient et d’un risque politique français que personne ne chiffre. Tu n’achètes pas un baril à 116 $, tu achètes le scénario des années suivantes.
Si tu veux une ligne, écris ta thèse, étale ton entrée à partir du 29 octobre et additionne ce que tu détiens déjà via ton ETF CAC 40. Sinon, ton ETF monde fait déjà le travail : l’énergie y est, à sa juste place, avec le reste du marché autour pour amortir les chocs.
Tu te demandes quelle place donner à l’énergie, et à TotalEnergies, dans ton portefeuille ?
Je propose un premier échange gratuit pour faire le point sur ton allocation, ton PEA et ton assurance-vie.
À très vite,
Nicolas
Ces informations sont données à titre pédagogique et ne constituent ni une recommandation d’achat ou de vente, ni un conseil en investissement personnalisé. Les chiffres cités proviennent des publications de TotalEnergies, de données de marché (cours à terme du Brent sur le NYMEX et cours de TotalEnergies via Yahoo Finance, Zonebourse, Boursorama, Idéal Investisseur), de l’EIA, de MSCI, des prix officiels des carburants et d’articles de presse (Rigzone et Bloomberg, BFM Bourse, Boursorama, Public Sénat, Entrevue, WION) au 25 octobre 2026, et sont susceptibles d’évoluer. Investir en actions ou en produits liés aux matières premières comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un ETC sur le pétrole, libellé en dollars, expose aussi au risque de change.

